Le développement de l'enfant
Respecter chaque étape sans être pressé
Le développement moteur :
Comme vous l'aurez compris, il est important pour moi de suivre chaque stade d'acquisition des enfants sans les pousser à sauter des étapes, car elles sont établies dans un ordre précis.
C'est pour cela que j'évite au maximum de laisser les enfants dans un transat ou une chaise haute, car ils y sont coincés.
Je n'installe jamais un enfant dans une position qu'il n'a pas acquis seul ou qu'il ne maîtrise pas.
Les enfants ont besoin de prendre le temps d'explorer avant de passer à l'étape suivante.
La station assise par exemple :
Pour pouvoir apprendre à s'asseoir l'enfant le fait à partir du sol.
D'abord allongé sur le dos, il apprend à se retourner sur le ventre et quand il a les bras suffisamment musclés, il peut pousser le sol pour soulever son buste.
C'est seulement après ces étapes, qu'à partir de cette position, il pourra passer une jambe devant pour s'asseoir.
Si j'assois un enfant moi-même, je ne lui permets pas d'apprendre seul tout ce processus. Il sera en déséquilibre, ne pourra pas prendre le jouet qu'il veut et ne pourra pas quitter cette position de façon autonome par peur de tomber.
De plus laisser un enfant assit créé des tensions sur les os et déforme le squelette.
Chaque enfant à son propre rythme et il est important pour moi de le respecter.
Le développement cérébral :
Chez le jeune enfant les cerveaux droit (émotions) et reptiliens (instinct et réflexes) dominent.
Ses émotions sont énormes et il ne peut pas les réguler ou se raisonner, car son cerveau est immature.
Les connexions entre les différentes parties du cerveau ne sont pas faites avant 6 - 7 ans (âge de raison).
Chaque fois que nous sommes empathiques et que nous comprenons ses émotions nous faisons maturer son cortex préfrontal (contrôle des émotions).
Au contraire, le stress abîme les neurones au lieu de les connecter ensembles.
Les "caprices" n’existent" pas avant 6 ans, car avant cet âge, un enfant ne peut pas être dans la préméditation, il s'agit d'une frustration suscitant une émotion très forte qu'il ne peut pas gérer, il ne le fait pas exprès.
On ne peut pas demander à un enfant de se comporter comme un adulte.
Je suis très vigilante au fait de ne pas "coller d'étiquettes" aux enfants : timide, méchant, agité...
Les enfants sont disciplinés et ils restent dans les cases dans lesquelles on les met, ils finissent par croire ce que nous disons d'eux et reproduisent encore plus ces comportements.
Les règles :
Les règles de vie sont essentielles au développement de l'enfant, si elles sont clairement établies et respectées par les adultes autour de lui, il se sentira en sécurité et pourra se concentrer sur son développement.
Quand il désobéit, le jeune enfant ne cherche pas l'adulte, il cherche le cadre.
Sa liberté se construit à l'intérieur du cadre.
Si le cadre est trop restreint, il va essayer d'en sortir, car il manquera d'espace de liberté.
S'il est trop vaste, il ne va pas le trouver et donc le chercher.
Les enfants ont besoin d'essayer plusieurs fois avant d'intégrer une règle, ils ont besoin de les transgresser.
Si un enfant grimpe sur la petite table, en plus de lui expliquer que c'est dangereux, je réponds également à son besoin de grimper en lui proposant un support plus adapté et sécurisé.
Il existe trois types de règles :
Les règles rouge : peu nombreuses, elles portent sur la loi ou la sécurité des enfants et sont imposées sans négociation.
ex : attacher sa ceinture en voiture
Les règles oranges : elle sont les plus nombreuses, ce sont les règles de socialisation qui structurent la vie quotidienne. ex : ne pas écrire sur les murs. Elles doivent être expliquées et négociées pour que les enfants puissent se les approprier.
Les règles vertes : elles sont valables à l'instant T, il faut également les expliquer.
ex : ce soir, je suis trop fatiguée pour supporter le bruit de ton piano.
Les enfants apprennent certaines valeurs éducatives par observation et imitation comme la politesse .
Il est contre-productif de les imposer de manière trop rigide.
Il n'y a pas de bêtises chez les moins de trois ans, ce sont des expériences.
Période d'opposition :
Quand l'enfant dit non, il dit, je suis quelqu'un, je suis capable de choisir. Il montre qu'il est un individu à part entière.
À cette période, il a encore plus besoin que le cadre soit stable car il s'affirme. Je lui dis qu'il a le droit de ne pas être d'accord, d'avoir sa propre opinion, mais la règle ne change pas.
Je l'accompagne à faire seul et j'évite toute aide inutile, car c'est une entrave à son développement et à son autonomie.
Je le laisse manger seul sans avoir peur qu'il salisse.
Pour éviter les conflits, j'essaie de transformer les interdits en autorisation ex : un enfant dessine sur la table, je lui dis qu'il a le droit de dessiner sur la feuille ou le tableau.
L'utilisation de la négation est contre productive ex : si je vous dis "ne pensez surtout pas à un gâteau au chocolat"...
Le cerveau fonctionne avec des images, il est donc plus efficace de dire à un enfant "sur le canapé, on s’assoit" que "ne MONTE pas SUR LE CANAPÉ"
La meilleure astuce à cet âge est de lui faire croire qu'il a le choix. ex : "tu préfères mettre ton manteau ou tes chaussures?"
Si l'on impose et qu'on s'oppose, on va directement au conflit.
Mon rôle :
Ma fonction principale est de prendre soin de votre enfant durant votre absence et de contribuer à ce que vous conciliez vie pro et vie perso.
Je mets à disposition du matériel et des stimulations leur permettant d'exprimer leur propre potentiel librement.
Je garantis leur sécurité physique en étant toujours très attentive et leur sécurité affective par la parole, le regard, le geste...
Je laisse l'enfant être l'acteur principal de son propre développement et je propose des activités en fonction des besoins que j'observe, de l'âge et du stade de développement.
Je veille à répondre au besoin d'autonomie des enfants qui le manifestent.
Pour finir, je tiens à vous dire que les différentes familles que j'ai rencontrées durant mes années d'expérience en crèche m'ont permis de comprendre parfaitement la notion de distance professionnelle.
Même si le fait de prendre soin de jeunes enfants induit forcément un attachement, je reste toujours une professionnelle de la petite enfance dont l'objectif premier est de contribuer au bien-être des jeunes enfants qui seront les adultes de demain.
Je m'intéresse beaucoup aux neurosciences et je suis donc consciente que les trois premières années de vie constituent les fondations de la personnalité de tout individu.
Il me tient à cœur de respecter chaque enfant dans son individualité, car je sais avoir un rôle essentiel en tant que professionnelle de la petite enfance.
![]() Les étapes de la naissance à la marche | ![]() Prendre des risques | ![]() Sur le dos est la meilleur position |
---|---|---|
![]() Stimuler le retournement | ![]() Apprendre à s'asseoir seul | ![]() Le quatre pattes |
![]() Laisser expérimenter | ![]() Faire confiance | ![]() Laisser prendre son temps |